PORTFOLIO

 

112 pages, 21×21 cm.

Annee de publication : 2018,

90 photos n&b et couleur.

 

 

 Sujet : Portfolio destiné à la distribution qui comporte les extraits de cinq ouvrages récents de John M. Hall visités antérieurement sur ce site.

Trilogie Brésil, Tunisie, Chili

Paysan de l’Etat du Matto Grosso, Brésil.

Cette trilogie porte sur le Brésil, le Chili et la Tunisie saisis à des moments cruciaux de leur histoire : Le régime des colonels (1968-1974) au Brésil, l’Unité Populaire (1971-1973) au Chili, et la Présidence de Bourguiba (1974-1987) en Tunisie.Ces photographies ont été prises à l’occasion de séjours du photographe dans chacun de ces pays dans le cadre de missions de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) dans le cadre de différents projets de développement rural dans chacun de ces pays.

D’une part, il s’agit d’une tentative de sortir du concept un peu figé du « livre de photos » en associant à ces images des textes comme des sambas, des textes lyriques ou même des poésies plus classiques : en effet, l’idée très largement répandue que la photo « se suffit à elle-même » et n’a pas besoin de discours n’est pas toujours appropriée…

Marchande d’olives, Marche de Valparaiso, Chili.

Ce qui est intéressant, aussi, c’est la diversité des pays concernés et l’importance des périodes couvertes, comme le Brésil des colonels, le Chili de l’Unité Populaire ou la Tunisie de Bourguiba…  qui sonnent déjà comme des périodes « historiques » qui ont eu des répercutions  jusqu’a  chez nous…

Je crois aussi que la cohérence du regard porté par le photographe sur le peuple de ces trois pays devrait émouvoir : L’attention qui est portée à ces gens ne peut laisser indifférent… Maintenant que les choses ont tant changé dans le monde, il ne semble plus que le ressort de ce souvenir doive être idéologique : il devrait surgir des visages, des regards et des gestes universels des hommes et des femmes qui ont vécu ces expériences et qui ont été portés par ces espoirs.

Enfin, il y a aussi la diversité et la qualité des textes qui accompagnent les photos, qu’il s’agisse des sambas de Chico Buarque de Holanda, des poésies de Prix Nobels comme Gabriella Mistral ou Pablo Neruda, ou de l’analyse si chaleureuse de l’Unité Populaire d’Antonio Skarmeta, un des grands écrivains Chiliens contemporains vivants, ou des textes charmants de Marie Nimier et de Leyla Dakhli…

Une Amérique désertée

Bristlecone millénaire, Basin National Park, Nevada. USA>

Une « Amérique désertée » est attachée au souvenir que j’ai conservé depuis que j’avais une douzaine d’années, à la fin de la guerre (ça devait être vers 1947 ou 48), dans le pensionnat où je me trouvais. Mes camarades et moi avions adopté une expression pour exprimer notre enthousiasme pour tout événement extraordinaire en nous exclamant « Mais c’est l’Amérique !!!! »  sans que nous ne pensions aux Américains, bien sûr, mais plutôt à un pays merveilleux où se passaient des choses hors du commun.  Nous utilisions cette expression à tout bout de champ, comme à l’occasion de la suppression inattendue d’une classe ou la qualité inhabituelle d’un repas à la cantine…

Motel, Route du Nouveau Mexique, USA.

Ce n’est qu’une trentaine d’années plus tard, en descendant de l’avion à New York par un après-midi nuageux, que j’ai eu mon premier contact avec ce pays de cocagne : J’ai vite compris ce que découvrir l’Amérique pouvait avoir de déroutant. En effet, on y découvre d’un côté un rapport tellement bizarre a Dieu, la science, les armes, la politique carcérale et la politique tout court et, de l’autre, la richesse et la diversité stupéfiantes de son apport à la littérature, l’architecture, le cinéma, la photographie…

Après toutes ces années, pour l’enfant qui a rêvé l’Amérique comme pour le vieillard qui s’en est éloigné, ce qui persiste dans la mémoire, c’est moins les visages rencontrés que les espace, les routes, les cités et les ruines qu’elles ont laissées derrière elles. C’est, en somme, les images d’une Amérique désertée.

Du coq a l’âne

Canard articule a roulettes, bois peint, Jura. 26 cm.

Chacun des dix huit chapitres du recueil est introduit par un texte découvert sur internet et en rapport avec celui-ci. Voici par exemple l’introduction du chapitre « nains de jardins ».

Le front de libération des nains de jardin (FLNJ) est une association à but non lucratif dont l’objectif est de « libérer » les nains de jardins en les transportant depuis les jardins de leurs propriétaires vers les lieux où ils sont considérés comme libres (par exemple les forêts qui sont, dans les légendes, l’habitat naturel des nains). Les membres du FLNJ volent donc les nains pour les déplacer. D’après les membres du FNLJ, c’est l’acte en lui-même (introduction en groupe, et de nuit, dans le jardin, prise des nains, puis fuite et enfin dépôt des nains à leur lieu de « libération ») qui est valorisé et non le moyen, c’est-à-dire l’exfiltration des nains. En effet, les membres du FLNJ prennent soin de déposer dans la boîte aux lettres de leurs victimes une missive contenant une présentation du groupe, ainsi que l’emplacement des nains, afin que leurs propriétaires puissent les récupérer..

Bloc moteur de la Triumph Daytona, T.100, twin 500 cc.

Cette organisation secrète est née en juin 1996 en France, à Alençon, dans l’Orne. Le premier groupe (ou canal) du FLNJ est resté actif jusqu’en janvier 1997. Les canaux se sont, depuis, multipliés, et on compte environ 1.700 membres du FLNJ, actifs ou non, pour 7.800 nains « libérés ». Quelques mouvements ont commencé a faire leur apparition dans les pays voisins : Allemagne, Espagne, Suisse, Italie, et sur le continent américain, Etats-Unis et Canada.

Source:  :www.Wikipédia