Profil

 

John Hall naît en 1935 à Madrid, en Espagne encore Républicaine, oû ses parents, son père, Britannique et sa mère, Catalane, se sont rencontrés un an auparavant. Bien qu’ayant grandi et fait ses études en France, il conservera la nationalité Britannique,

Sud Algerien, deux ans apres l'Independance
Sud Algerien, deux ans apres l’Independance

Nanti des diplômes de l’Ecole Vétérinaire d’Alfort et de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris (Sciences Po), comme de nombreux jeunes gens qui étaient étudiants pendant la guerre d’Algérie, il se rend dans ce pays en 1963, un an aprés son Indépendance et sera impliqué pendant trois ans par les questions d’élevage.

La Havane, 26 juillet 1967
La Havane, 26 juillet 1967

En 1966, il répondra, avec quelques camarades, à l’invitation du Gouvernement Cubain et sera affecté pour deux ans à une station de recherche agronomique de la province de Matanzas. Malgré l’intérêt de ce que traverse Cuba pendant cette période, John Hall n’y aura encore aucune activité photographique.

Pelerinage de la Tirana, Nord du Chili, 1973
Pelerinage de la Tirana, Nord du Chili, 1973

C’est en mai 1968 qu’il se trouvera recruté par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture) dans le cadre d’un projet de diversification agricole du Brésil central; C’est à Sào Paulo qu’il suivra les cours de Maureen Bisilliat à l’Ecole de photographie « Enfoco ». A partir de ce moment, la photographie devient, pour lui, une activité prépondérante, parallèlement à ses activités professionnelles. John Hall concentrera alors son attention sur le monde rural, les religions afro-brésiliennes et la vie dans les bidonvilles.

En 1970, Salvador Allende est élu Président du Chili. David Baytelman qui dirigera la Réforme Agraire de l’Unité Populaire l’invitera à venir mettre en forme un programme de développement laitier qui sera interrompu par le coup d’état du 11 Septembre 1973.

Le President Allende au Stade National, 1972
Le President Allende au Stade National, 1972

A partir de Santiago du Chili, John Hall aura pu se rendre dans les pays voisins : l’Argentine, le Pérou, la Bolivie…Au Chili lui-même, parallèlement à la documentation du monde rural, il couvre systématiquement toutes les manifestations de l’Unité Populaire de Santiago du Chili. Ce portfolio fera l’objet d’ expositions à Berlin en 2003 et en 2013.

En 1974 John Hall est affecté par la FAO à un projet agricole dans le nord de la Tunisie, pays qu’il finira par bien connaitre au terme de sa mission, en 1980. Ses thèmes de prédilection demeurent, bien évidemment, le monde rural, mais surtout les paysages arides du grand sud Tunisien avec ses rocs cyclopéens, ses constructions archaïques et ses personnages bibliques.

Marabout, Tunisie du Nord, 1977
Marabout, Tunisie du Nord, 1977

En 1980 John Hall est recruté par la Banque Mondiale à Washington, ce qui lui donnera, à l’occasion de missions de financement de projets de développement rural, le moyen de voyager et de découvrir de nouveaux pays : dans une première phase, l’Afrique du nord, comme le Maroc, dans une deuxième phase , le moyen Orient, dont la Syrie, l’Irak et la Jordanie et, dans une troisième phase, l’Afrique Sahélienne, de la Mauritanie au Tchad. Ce seront des occasions de diversifier son matériel photographique, outre les activités qu’il déploiera aux Etats Unis mêmes.

Eglise de Valentine, Texas, 2005
Eglise de Valentine, Texas, 2005

John Hall prend sa retraite en1998 pour s’installer dans le sud de la France. Des voyages périodiques aux Etats Unis lui permettront de traverser trois fois ce pays d’Est en Ouest et retour et de concentrer ses activités photographiques sur les parcs nationaux et l’impact de la désindustrialisation sur les petites villes du middle-West. Compte tenu des difficultés croissantes rencontrées par le traitement des photos argentiques, John Hall se reconvertira définitivement à la photographie numérique à partir de 2006.

Enfants dans un village du sud Mali
Enfants dans un village du sud Mali

Selon John Hall, ce qui frappe en observant les indiens de l’altiplano andin, les berbères du djebel ou les descendants d’esclaves du Nordeste brésilien, c’est l’universalité, et non la différence. L’attendrissement de la mère qui regarde son enfant, le mélange de résignation et de détermination du travailleur, l’exaltation du manifestant, sont de même nature, quel que soit le pays qu’il habite, et la communauté à laquelle il appartient.

C’est ainsi que la mosquée villageoise incite au même recueillement que la chapelle romane. On retrouve la même imploration religieuse dans le regard du pèlerin catholique que sur le visage du participant d’une célébration de “candomblé” où Iémanja est à la fois sirène et Vierge Marie.

Bowling, Etats Unis, 1995
Bowling, Etats Unis, 1995

Dans les années soixante et soixante-dix, le vent de révolte qui soufflait de toute part incitait plutôt à dénoncer la misère et à glorifier les tentatives de s’en libérer. C’est la raison pour laquelle les photos de cette période sont centrées sur l’homme et sur la femme.

A partir des années quatre-vingt, cependant, un certain désenchantement politique associé à la montée de la conscience écologique expliquent sans doute l’attention portée à la nature: roches, végétation, abstractions lumineuses, qui l’a naturellement conduit vers les images qu’il affectionne actuellement.